En séance, je vois souvent des personnes hypersensibles arriver épuisées sans toujours comprendre pourquoi. Elles parlent de fatigue émotionnelle, de surcharge, de tensions dans le corps, d’un sentiment de “trop-plein” permanent au quotidien. Très vite, un point commun apparaît lorsqu’elles parlent de leurs relations avec les autres ou de leur rapport au monde : une super empathie extrêmement développée.
L’hypersensibilité leur permet de ressentir finement les émotions des autres, parfois avant même que celles-ci ne soient exprimées. Les personnes sensibles ont des “capteurs” ou encore une écoute horizontale : elles captent les ambiances, les non-dits, les variations émotionnelles d’un lieu ou d’une personne. Ce super-pouvoir est une richesse immense, car il offre une autre dimension au monde dans lequel nous vivons, mais cette faculté demande à être régulée pour ne pas devenir envahissante.
L’hypersensibilité offre une qualité de présence rare. Les personnes hypersensibles comprennent profondément l’autre, savent écouter avec le cœur et créer des liens sincères. Ce sont souvent des personnes authentiques, auprès de qui il est facile de se confier… En séance, je constate souvent leur grande finesse relationnelle, leur capacité à percevoir ce qui se joue au-delà des mots. Elles sont guidées par des valeurs fortes comme l’authenticité, la vérité et le respect. Elles ressentent très vite quand quelque chose n’est pas aligné et aspirent à des relations vraies et profondes. Elles peuvent justement avoir une certaine exigence du point de vue relationnel.
Je vois aussi très souvent en séance les limites de cette super empathie. Lorsqu’elle n’est pas accompagnée par une régulation émotionnelle, elle peut conduire à une confusion intérieure : « Ce que je ressens, est-ce à moi ou à l’autre ? »
Les personnes hypersensibles absorbent les émotions du lieu, accumulent des charges émotionnelles et finissent par se sentir vidées. Elles s’adaptent, se sur-ajustent, minimisent leurs propres ressentis, souvent par peur de paraître “trop”. Leur hypersensibilité devient alors une source de déséquilibre, parfois de douleurs corporelles, d’anxiété ou d’épuisement émotionnel.
En séance, j’explique souvent la différence entre hyper empathie et compassion. L’hyper empathie consiste à ressentir intensément ce que vit l’autre, parfois jusqu’à la fusion. On vit la douleur de la personne. Certaines personnes vont même jusqu’à la ressentir dans leur propre corps, comme si elles étaient connectées au corps de l’autre, avec des ressentis subtils. La compassion, elle, permet d’être en lien avec la douleur de l’autre sans se perdre. Ici, on reste dans ses chaussures. Elle crée une distance juste, une stabilité émotionnelle. Là où l’hyper empathie non régulée entraîne une spirale émotionnelle descendante, la compassion soutient, structure et protège. Elle permet d’accompagner l’autre sans porter ce qui ne nous appartient pas.
Un point revient très souvent en séance : les personnes hypersensibles accordent une immense importance aux ressentis des autres, mais oublient les leurs. Pourtant, votre vision, votre ressenti et vos besoins ont autant de valeur. Cette hyper-compréhension de l’autre peut aussi alimenter un syndrome du sauveur qui sommeille.
À force de s’adapter pour préserver le lien, beaucoup se coupent de leur propre vérité intérieure. Or, l’écoute de soi est fondamentale pour relationner de façon authentique. L’hypersensibilité ne demande pas à être tue, mais respectée et honorée par soi, en premier lieu.
La libération des émotions est centrale dans l’accompagnement de l’hypersensibilité. En séance, j’utilise régulièrement l’EFT, qui permet d’aller libérer les charges émotionnelles inscrites dans le corps et de calmer le système nerveux.
Les soins énergétiques viennent soutenir ce travail en aidant à stabiliser énergétiquement le corps émotionnel, à renforcer l’ancrage et à restaurer un sentiment de sécurité intérieure. Un corps régulé, énergétiquement stable, peut être en lien avec l’autre sans se sentir envahi.
Je rappelle souvent en séance que protéger son énergie ne signifie pas se couper du monde ou se mettre dans sa bulle. Il s’agit d’apprendre à habiter pleinement son corps, à revenir à la respiration, à sentir ses appuis, à reconnaître ses limites et définir son espace à soi. Des outils simples issus de la régulation émotionnelle, de l’EFT ou des soins énergétiques permettent de ne plus tomber dans la spirale émotionnelle de l’autre.
L’hyper empathie est une force, à condition de ne pas s’y perdre et de se respecter. Vous pouvez ressentir sans vous noyer, être présent sans vous oublier, aimer sans vous sacrifier. C’est ainsi que l’hypersensibilité devient une véritable force.
Si vous souhaitez un autre éclairage sur la différence entre la compassion et l’empathie, voici une vidéo de Christophe André, médecin psychiatre et l’un des fondateurs de la méditation de pleine conscience en France.