Vous avez peut-être déjà vécu cette situation et vous pensez avoir compris ce qui vous fait souffrir. Vous avez réfléchi, analysé, parfois même fait un travail sur vous… Pourtant, après avoir fait des séances thérapeutiques pour traiter ce sujet, quelques mois ou quelques années plus tard, la même émotion revient.
Une rencontre réveille la peur de l’abandon. Une remarque fait surgir une profonde sensation de rejet. Une situation professionnelle réactive un besoin de tout contrôler. Une relation vous conduit encore à vous suradapter, à vous oublier ou à chercher constamment à être rassuré(e).
Alors vous vous demandez : « Pourquoi est-ce que je réagis encore comme ça alors que j’ai compris d’où cela vient ? »
Quand le corps garde la mémoire de nos expériences
La compréhension mentale ne suffit pour se libérer de traumatismes. Certaines expériences de vie laissent une empreinte émotionnelle et corporelle. Lorsque nous vivons un événement difficile, notre organisme mobilise des mécanismes de protection pour nous permettre de traverser ce que nous vivons. Ainsi, lorsque la charge émotionnelle n’a pas pu être pleinement vécue, exprimée ou intégrée, elle peut rester associée à certaines sensations, croyances ou réactions corporelles.
Plus tard, une situation qui ressemble, de près ou de loin, à l’expérience initiale peut venir réactiver cette mémoire. Votre réaction peut alors sembler disproportionnée par rapport à ce qui se passe réellement dans le présent. Vous avez pourtant une prise de recul sur la situation et que cette personne n’est pas celle qui vous a blessé(e) et pourtant une agitation intérieure apparait. Votre mental a analyser la situation mais votre corps réagit encore, comme s’il y avait un danger.
Les schémas répétitifs : quand l’histoire semble se répéter
Finalement, nous pouvons avoir l’impression de revivre toujours la même histoire sous des formes différentes.Toujours devoir prouver sa valeur. Toujours avoir peur d’être abandonné(e). Toujours culpabiliser lorsque l’on pose une limite. Toujours ressentir le besoin de contrôler pour se sentir en sécurité.
Ces répétitions ne signifient pas que vous êtes condamné(e) à reproduire votre passé. Elles peuvent être une invitation au changement. Elles peuvent être considérées comme des signaux : quelque chose en vous demande encore à être entendu, reconnu et apaisé.
Nous avons souvent appris à nous méfier de nos émotions lorsqu’elles sont inconfortables. Nous cherchons à les contrôler, à les faire taire ou à nous en débarrasser rapidement. Pourtant, une émotion peut aussi être un message ou encore un guide pour notre évolution.
Cela ne signifie pas qu’il faut suivre toutes ses émotions ou leur donner systématiquement raison. Elles peuvent nous aider à comprendre ce qui se joue en profondeur pour chercher ce qu’il a derrière l’émotion. Par exemple, posez-vous les questions : pourquoi j’ai cette peur ? Qu’est-ce-qu’il se cache derrière cette peur ?
La libération émotionnelle commence parfois lorsque nous cessons de lutter contre ce que nous ressentons et que nous acceptons d’aller écouter ce qui se trouve derrière l’émotion.
Comprendre avec la tête… et avec le corps
Un travail psychologique peut être précieux pour comprendre son histoire, mettre des mots sur ce qui a été vécu, identifier ses croyances et prendre du recul. Mais il existe une autre dimension : celle du corps.
Vous pouvez savoir intellectuellement que vous n’avez plus besoin de vous protéger de la même manière et continuer malgré tout à ressentir une boule dans la gorge, une oppression dans la poitrine, une tension dans le ventre ou une accélération du rythme cardiaque.
La compréhension mentale et la compréhension corporelle sont deux portes différentes.
C’est pourquoi les approches psychocorporelles peuvent être intéressantes en complément d’un travail psychologique. Elles permettent de ne pas travailler uniquement avec les pensées, mais aussi avec les sensations, la respiration, les émotions et les réactions corporelles. Beaucoup de mes clients, ont un déclic lors de mes séances car il y a un ressenti fort par rapport au dénouement d’une situation.
L’EFT, par exemple, associe la verbalisation d’une problématique à des tapotements sur certains points du corps. La sophrologie utilise notamment la respiration, la conscience corporelle et la visualisation pour favoriser l’apaisement et une meilleure régulation émotionnelle.
L’objectif de ces outils n’est pas d’effacer votre histoire, ils agissent plutôt pour permettre au corps de ne plus avoir besoin de porter la même charge émotionnelle.
Et si certaines blessures ne commençaient pas avec vous ?
Lorsque l’on explore ses schémas répétitifs, une autre dimension peut parfois être questionnée : celle du transgénérationnel. Notre corps porte aussi des mémoires (des émotions non libérées) de nos ancêtres.
Certaines approches considèrent que nous pouvons être influencés par l’histoire de notre famille : ses non-dits, ses croyances, ses pertes, ses traumatismes, ses loyautés ou certains rôles transmis d’une génération à l’autre.
Il ne s’agit pas d’affirmer que tout ce que nous vivons vient de nos ancêtres. Mais explorer son histoire familiale peut parfois apporter un nouvel éclairage sur certains comportements ou ressentis qui semblent difficiles à expliquer uniquement par son histoire personnelle. Cette exploration peut permettre de distinguer ce qui vous appartient de ce que vous avez peut-être appris, porté ou reproduit inconsciemment. Alors, est-ce que vous êtes prêt à ouvir la “porte” de votre corps pour marcher vers plus de légèreté ?